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Question-réponse sur les droits de succession

Question :

J’ai entendu avec grand intérêt votre conférence sur les propositions pour 2012.
En matière de fiscalité vous allez jusqu’à proposer une taxation confiscatoire sur les revenus au-delà de 20 fois le salaire minimum. Ca me paraît raisonnable…
Je n’ai rien entendu en revanche concernant les droits de succession.
Le rôle d’une démocratie n’est-elle pas de penser la redistribution de la richesse et pas seulement celle du revenu ?
Vous dites que les revenus du capital doivent être taxés au moins autant que les revenus du travail. N’en est-il pas de même de l’argent hérité?
Est-il normal que l’argent hérité soit moins taxé que l’argent gagné par le travail ?
Les démocraties tiennent pourtant dans la fiscalité des successions un moyen puissant de ontrecarrer l’oligarchie financière qui a accaparé le véritable pouvoir et l’a détourné dans son seul intérêt.
Ces financiers qui étranglent les nations et détournent les marchés de leur vocation à financer l’économie réelle ont pratiquement tous hérité de leur fortune et leurs enfants seront demain un danger aussi grand que leurs pères s’ils détiennent ce pouvoir démesuré.
Pourquoi dès lors leur conserver ce privilège de la naissance ?
De la même manière que vous imaginez une taxation confiscatoire des revenus excessifs du travail, ne convient-il pas d’imaginer un niveau au-delà duquel l’impôt sur l’argent hérité devient confiscatoire. Ce serait, je pense la meilleure réponse des démocraties à cette oligarchie financière qui étrangle les économies.
Il est vrai que ce sujet est sensible et que chacun est attaché à l’héritage de ses parents mais est-il normal qu’on puisse naître aujourd’hui héritier d’un empire financier ?
En empêchant cela ne serions-nous pas sur la voie de régler un bon nombre de nos problèmes ?

Réponse :

Merci pour votre message et pour l'intérêt que vous portez aux propositions des Economistes Atterrés. Je vous réponds car j'ai rédigé le chapitre sur la fiscalité (dans notre dernier ouvrage: "Changer d'Economie", qui sort mercredi 11 janvier en librairie)
Lors d'une conférence il n'est pas possible de développer toutes nos propositions (qui sont nombreuses!). D'autant que nous souhaitons généralement garder un temps pour le débat et la discussion.
Mais vous verrez que le chapitre 4 du nouvel ouvrage comporte une critique des mesures Sarkozy sur l'héritage (elles "profitent aux familles les plus riches" etc.). Nous estimons aussi que "La fiscalité sur les successions et donations doit être immédiatement augmentée, ce qui permettrait notamment d'aider les jeunes des classes populaires à faire des études dans de bonnes conditions". Réduire ce que vous appelez le "privilège de la naissance" permettrait donc de dégager des ressources afin de favoriser l'égalité des chances.
"Est-il normal que l'argent hérité soit moins taxé que l'argent gagné par le travail ?" Vous posez une bonne question. En 1848, l'économiste anglais John Stuart Mill y répondait par la négative. Il fut pourtant député du parti libéral...
Bien cordialement,

Philippe Légé

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