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Les leçons oubliées de la crise de 2008 : le crédit privé, une bombe financière ? 

Pour France 24, Thibault Laurentjoye débattait sur ce sujet aux côtés de Mara Dobrescu (Morningstar), dans l’émission Aux avant-postes.

Le crédit privé fait partie de la « finance de l’ombre » qui prête aux entreprises trop petites pour se financer sur les marchés. Né dans le sillage de la crise de 2008 et d’une décennie de taux bas, ce marché est passé d’une niche à un colosse de 2 000 à 3 000 milliards de dollars. Aujourd’hui, il traverse une phase de turbulences.

En effet, trois forces se conjuguent. Les taux d’intérêt remontent, alors que ces prêts sont à taux variable : la facture va s’alourdir pour des emprunteurs déjà fragiles. L’intelligence artificielle menace d’obsolescence une partie du secteur logiciel, très présent dans ces portefeuilles. Et les premières tensions apparaissent sur les retraits, dans des fonds dits « semi-liquides » où sortir n’est jamais garanti.

Faut-il crier au prochain « moment Lehman » ? Thibault Laurentjoye invite à la lucidité plutôt qu’à la panique. Le Fonds monétaire international juge le risque systémique « maîtrisé à ce jour », et les banques sont bien mieux capitalisées qu’en 2008. Mais des signaux discrets méritent attention : la montée du payment in kind (PIK – traduit par « paiement en nature ») ces intérêts que les entreprises paient en gonflant leur dette au lieu de sortir du cash – un défaut qui ne dit pas son nom. Et surtout, l’opacité : faute de marché, personne ne connaît vraiment la valeur de ces créances.

La vraie préoccupation est ailleurs. Longtemps réservé aux investisseurs institutionnels, aux reins solides en cas d’explosion financière, le crédit privé s’ouvre désormais aux particuliers : plans de retraite 401(k) aux États-Unis, assurance-vie via les ELTIF en Europe. Des épargnants séduits par des rendements de 10 %, souvent sans mesurer l’illiquidité de ces placements, ni leur incertitude à l’échéance finale, pensés pour dix ans et non pour un retrait trimestriel.

Alors, bombe à retardement ou fausse alerte ? Le débat, nuancé et documenté, éclaire une zone d’ombre de la finance mondiale. 

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